Solune et le temps (2) - Réveil

Précédent :


(1) Mémoire -du-Vent

 

Réveil

 

2011-dec-16--dessinscabane-5.jpg

 

Solune ouvrit les yeux. Il régnait autour d'elle une douce pénombre. Aucun autre bruit que les craquements joyeux d'un feu allumé dans le poêle à bois au milieu de la pièce. Lentement, très lentement, la jeune fille sortit de sa torpeur. Elle découvrait ce matin là la plénitude d’un réveil en douceur. Son esprit, encore embué par les images et les sons de son étrange nuit savourait cet instant suspendu.

Sa raison reprit peu à peu le dessus. Tous les sens en éveil, Solune se redressa. L’atmosphère était feutrée, comme si un voile invisible avait été tendu pour étouffer les sons. Les yeux écarquillés, Solune aperçut à travers le minuscule carreau de l’unique fenêtre d’étranges étoiles blanches et brillantes qui voltigeaient au dehors en silence. De la neige ! Alors c’était vrai, la neige tombait en flocons argentés pour envelopper le monde dans le silence des fées ! La jeune fille en avait bien entendu parler quelques fois avant d’entreprendre son voyage mais elle n’aurait jamais imaginé pareille merveille.

Solune hésitait. Deux options totalement contradictoires s’offraient à elle. : se lever précipitamment pour sortit étudier cette matière inconnue au plus vite ou bien prendre le temps.  Son éducation et ses habitudes la poussaient à choisir la première option mais un je ne sais quoi la retenait.

Bientôt, la jeune fille décida de commencer son exploration par l’étrange demeure dans laquelle elle se trouvait tant que la vieille femme était absente.  Elle devait être sortie et c’était le moment ou jamais de regarder plus précisément ce lieu où elle vivait.

Solune balaya la pièce du regard. Elle était assise sur un lit simple mais confortable, couvert d’un bel édredon de plumes rose. Le sol sous ses pieds nus n’était pas froid. En effet, un épais tapis avait été déposé là.  Au-delà du tapis, Solune découvrit un sol brut, de terre battue apparemment. De grosses pantoufles fourrées attendaient d’être chaussées et une robe de chambre en laine épaisse semblait attendre la jeune fille délicatement pliée sur une simple chaise de paille… « Comme dans un conte de fée… » songeait Solune. Tout dans la pièce semblait lui tendre les bras. En effet, la jeune fille, chaussée des pantoufles et recouverte de la douce robe de chambre s’avançait maintenant vers une table en bois brut sur laquelle l’attendaient un bol, du pain, un pot de miel et une grosse bouilloire dont le contenu dégageait une délicieuse vapeur. Cette mémoire-du-vent pensait décidément à tout !

Solune s’installa à la table, se découpa une généreuse tranche de pain qu’elle nappa de miel. Elle emplit son bol du breuvage de la bouilloire et commença son déjeuner.  Ses yeux étaient à nouveaux rivés à la fenêtre et la danse des flocons la portait dans des rêves doux et calmes. Toujours aucun bruit. Solune déjeunait lentement, lentement… Elle ne connaissait pas cette sensation. Une douce chaleur, aucun bruit pas même un appel extérieur. Aucun appel… A cette idée, Solune sortit de sa léthargie et pensa au téléphone. N’y en avait-il donc pas ici ? Ses yeux avaient instinctivement repris l’exploration  méticuleuse du lieu : un vieux bahut, quelques étagères de vaisselle, une étagère un peu plus haute portant des objets divers et un gros grimoire avec une reliure de cuir ; la fenêtre et son minuscule carreau ; dans l’angle sombre, là, juste à côté du rai de lumière offert par la fenêtre, le fauteuil profond de la vieille femme.  Mais, qu'est-ce donc ? Le balayage systématique de la pièce s’arrêta là. Solune venait d’apercevoir un drôle de tas de laine à côté du fauteuil.

 

A suivre...

 

 

signature2011

 

 

 

Episodes suivants:


(3) L'écharpe

 

(4) La main de Grand-Mère

 

(5) Panique

 

(6) Autre monde