Rencontre extraordinaire

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Sa physionomie annonçait son âme*. Un corps détendu, sans âge, un visage radieux. Il était là, simplement assis sur l'herbe tendre du parc de la ville. Je ne voyais plus que lui. Pourquoi ? Un doux sourire illuminait son visage, un regard bleu azur m'invitait à plonger dans un autre monde. Une confiance. Il m'attirait malgré moi et j'oubliais complètement les fleurs de printemps qui m'avaient fait entrer dans le parc. Pourtant, aucun geste de sa part, aucune parole. Rien, absolument rien ne pouvait expliquer cette attirance mais j'étais comme hypnotisée par ce corps assis en position méditative dans une petite clairière. De lui émanait une force inouïe, une force tranquille. Mes pas, lentement et sans bruit de peur de voir cette vision s'évaporer me guidèrent à quelques mètres de cet être extraordinaire. Je m'assis. Là, je me suis sentie envahie par une douce chaleur et un sentiment de réconfort qui m'ont portée dans une immense pleinitude. Je me sentais appartenir à la nature, je faisais partie intégrante de ce parc, de cette pelouse, j'étais devenue fleur. Assise là à quelques mètres de cet inconnu, je suis restée immobile jusqu'au coucher du soleil derrière les arbres.

Alors, par des mouvements lents et harmonieux, l'inconnu à l'âme si pure s'est levé et s'est approché de moi. Avant de disparaître, il me dit d'une voix très douce "Il faut cultiver notre jardin."* 

 

 signature 2011

 

* Les mots en italliques sont de Voltaire.