En première page (à l'abordage)

Publié le par Elo

 

Chez les croqueurs de mots, Enriqueta nous lance à l'abordage des médias... Voici sa consigne:


"Ce matin, comme tous les matins, je prends mon journal habituel (nom du journal), je le déplie et je découvre alors avec surprise que mon portrait se trouve en première page (...)"

Écrivez la suite. Vous pouvez changer un peu la situation de départ mais le journal et la photo dans le journal sont indispensables. Vous n'êtes pas obligés de reprendre les phrases du début, vous pouvez les réécrire. 

 

J'avoue ne pas l'avoir suivie à la lettre car je n'ai pas été inspirée par ma photo en première page. Par contre, la lecture de plusieurs articles accompagnés d'une photo d'un SDF sur un trottoir ces derniers temps m'a inspiré ces mots (c'est une pure fiction !).

 

En première page

 

Matin dans la salle d'attente

Je rêve, je regarde, j'observe

Soudain ce journal m'aimante

Il faut que je le conserve

 

Je le glisse dans mon sac

Juste avant d'être reçue

Ma tête mon coeur sont en vrac

Cet article doit être lu

 

Le massage souvent si bon

Que m'offre mon doux kiné

Aujourd'hui me parait long

Il faut que je sois fixée

 

Trente minutes de torture

Enfin libre je presse le pas

Il me faut une couverture

Il ne faut pas qu'on me voit

 

Ouf ! me voilà dans ma chambre

Sans tarder je sors cette page

Pas le temps de me détendre

Est-ce bien toi cet homme sans âge?

 

Le titre me brûle les yeux

"La longue descente aux enfers"

Je lis et mon coeur prend feu

Car je te reconnais Pierre

 

Tu étais mon amoureux

Celui que j'avais choisi

Mais tu voulais toujours mieux

Pour elle tu étais parti

 

Belle riche de bonne famille

Rien de mieux pour ton image

Tu as suivi cette fille

Et fait un très beau mariage

 

Ta carrière était lancée

Dans la boite de son père

Sa place t'était destinée

Mon dieu que tu étais fier

 

Mais dis-moi Pierre que fais-tu

A la une sur ce trottoir

On te donne trente ans de plus

Et ta peau est toute noire

 

Je lis, je lis, je relis

Je n'peux croire en ton histoire

Je parcours toute étourdie

Ta vie telle un roman noir

 

Une ville est là citée

Je prendrai le train ce soir

Mon mari j'ai alerté

Pierre je vais venir te voir

 

signature2011



 


Publié dans poèmes société

Commenter cet article

Tricotine 09/11/2011 21:14


Superbe Elo, j'ai peu de mots ce soir sinon que c'est émouvant et toujours magnifiquement orchestré ! :0)


Elo 14/11/2011 16:11



Merci ! Ce petit mot suffit à me faire entendre ton coeur et ta sensibilité ! Bisous



écureuil bleu 05/11/2011 20:10


Tu as été bien inspiré : c'est très beau et ça donne envie d'en savoir plus.


Elo 07/11/2011 20:24



Merci... Peut-être que j'écrirai un jour une suite... Mais pour le moment ce n'est pas à l'ordre du jour. bisous



cacao 02/11/2011 22:40


Très bien cette idée de mettre en jolis vers cette histoire de vie d'après une photo dans un journal. Mots bien "croqués".Bravo! Tu dis que c'est une pure fiction, mais hélas, cela pourrait être
vrai. Tant de gens se retrouvent à la rue... Bises du soir.


Elo 03/11/2011 19:45



Oui hélas comme tu dis. C'est juste que ce n'est pas du tout ma vie. Bisous



mitou 02/11/2011 08:02


Quel belle écriture relatant cette triste vérité !!!!
il y en a de plus en plus !!!!
gros bisous MITOU


Elo 03/11/2011 10:33



Merci beaucoup ! J'écris avec mon coeur. Bisous



Harmonie37 01/11/2011 23:53


Un tournant de vie quand la vie a tourné.
Une histoire bien racontée et empreint de réalisme.


Elo 02/11/2011 22:09



Merci... Une histoire qui pourrait être celle de n'importe qui... bisous